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Un maçon, à l'époque (c'est à dire avant guerre) ne cherchait pas à faire fortune. Il
cherchait surtout à s'occuper en gagnant un peu d'argent. Et il avait du travail plus
qu'il ne pouvait en faire ! Il ne gagnait pas grand-chose, mais n'avait que peu de frais... Il partait pour la journée, parfois pour plusieurs jours, dans quelque ferme où il était nourri et logé par le client dont il se faisait souvent un ami... Il y allait à pied ! Plus tard, à vélo... Il n'y avait pas d'heure de travail ! Mais il était rarement seul : les maçons travaillaient à plusieurs. Ils étaient tous maçons, ils n'y avait pas d'ouvriers...
Les échafaudages étaient fabriqués en codres (en barres) de châtaignier, parfois en pin. C'étaient des échafaudages "volants" c'est à dire non fixés au mur. On se servait d'échelles, que l'on posait à plat, avec quelques planches par-dessus... On attachait avec des liens servant à gerber le blé... On utilisait aussi parfois des filins d'acier torsadés... On maniait aussi la scie pour tailler... la pierre. C'était la mandoline. On sciait, seul, des blocs d'un mètre au carré. Ainsi, au Quartier, quand les monuments historiques ont restauré le prieuré de Merlande, juste après guerre, André GADEAUD et M. COURNIAC ont été chargés de la taille des pierres de reconstruction. Ils taillaient des blocs achetés à St Vivien et déposés là, d'où le nom de Quartier donné à ce lieu, actuel carrefour de la route de Merlande sur la route de Biras. Ils les taillaient d'après les plans de l'architecte. Pour faire un fil de 1 m, il fallait souvent la journée, surtout si l'on tombait sur la coquillère... Et quand la scie commençait à tourner de travers, on changeait de sens. Et pour hisser les moëllons de pierre, deux hommes en prenaient un et le déposaient sur la nuque d'un troisième, lequel devait monter l'échelle avec sa charge en équilibre jusqu'en haut de l'échafaudage ! Des charges de 80, 100 kg parfois... Mais ce genre de travail était plutôt rare. De même qu'étaient rares les constructions neuves. On faisait essentiellement de l'entretien : renforcer des pans de mur et surtout, suivre les toitures... Les tuiles, on les lançait au maçon à mi-échelle, lequel les renvoyait à celui qui était sur le toit. On tirait les tuiles. Il fallait viser le nez pour ne pas manquer son coup ! Le maçon devenait aussi parfois charpentier ! Il taillait alors les poutres maîtresses à la hache... Michel MARCHIVE, Yvon GADEAUD, Abel GADEAUD
Quelques familles chapeloises de maçons :
Quand ils n'étaient pas sages, il n'était pas rare qu'on leur dise : "Si Nardoux t'attrape, tu vas voir !..." ![]() Manuel GALLEGO, maçon à la Chapelle de 1962 à 1998 et son fils, Sébastien GALLEGO qui lui a succédé...
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