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Au cur de ce domaine, le Château, davantage une grosse bâtisse trapue qu'un véritable château qui ne
tient probablement son titre qu'à son ancienneté et à son lien avec l'histoire des Templiers
des Andrivaux, le bourg non loin de là et qui fut une commune, commune des Andrivaux-Merlande,
jusqu'en 1809, date à laquelle elle fut
rattachée à Chancelade.
Château peut-être aussi par le rang noble de ses occupants d'antan...
À l'origine, une bâtisse sans étage qui a été surélevée en 1824 et couverte d'ardoise à ce moment-là : l'ardoise
étant alors un signe de noblesse... On retrouve, en toiture, la charpente en chêne d'origine, taillée à la hache,
la charpente inférieure étant en résineux (probablement du mélèze du Massif Central), délignée à la scie. La date
de cette grosse restauration est attestée sur un linteau de l'étage. Etonnemment, la même date se retrouve gravée
sur une pierre, à la cave.
Les Brunies, orthographié aussi Brunis, appartenait en effet aux Dalesme, sans doute
d'Alesmes, qui seraient de Bretagne et c'est Marie Dalesme, veuve du Chazeau, qui vendit
le bien à François de Glane, officier de santé, maître chirurgien à
Périgueux, mort en 1823. Cet acte du 19 pluviôse an 2 (7 février 1794) a été enregistré au bureau des
hypothèques de Périgueux le 5 frimaire an 9 (26 novembre 1801).
François de Glane était marié à Marie Brou de la Geneste (1753-1821). Peut-on faire le lien
avec une autre maison noble du village,
Le Genest, sans connaître pour autant la nature de ce lien ? ...
La propriété passa à la fille de ce couple, Magdeleine Cécile Deglane (1783-1849), épouse de Pierre Basbayon
du Maine (1776-1849), procureur royal, avoué au tribunal civil de Périgueux, décoré du Lis en 1814.
Ce couple eut une fille, Marie Louise Basbayon du Maine (1811-1886), artiste peintre, et qui épousa en 1827
Armand baron Pinoteau (1803-1882), avocat, sous-préfet sous Louis-Philippe, membre du Comité de la
rue de Poitiers sous la IIème république et représentant du maréchal Bugeaud dans cet organisme politique,
duc d'Isly...
Armand baron Pinoteau était le fils du
général baron Pierre Armand Pinoteau.
Le bien se transmit à son fils, Alphonse baron Pinoteau (1828-1909), commandant d'état-major,
officier de la Légion d'honneur, puis au fils de ce dernier, Maurice baron Pinoteau (1859-1949), ingénieur
civil sorti de l'École centrale des Arts et Manufactures qui s'occupa beaucoup des Brunies et y installa
le fameux
"bélier hydraulique" qui permettait de remonter quotidiennement
3000 litres d'eau du Got jusqu'au château...
La fille de ce dernier, Cécile Pinoteau (1895-1974) fut la dernière propriétaire des Brunies de la famille.
Elle épousa, en 1922, Jean de Rivasson (1891-1955) et vendit donc la propriété des Brunies à la famille
Monzies, en 1957.
M. Monzies était le fils de Louis Monzies (1849-1930), né à Montauban excellent dessinateur,
spécialisé dans la gravure à l'eau forte pour laquelle il obtint le Prix de Rome.
Voir la page Michel Pasqual.
Un mot sur la culture de la vigne aux Brunies...
La fin du XIXème et le début du XXème voient l'apogée de
cette culture que le phyloxéra décimera. On se rappelle que ce parasite vivait sur des plants de vigne résistants, en
Amérique du nord et c’est l’introduction en Europe de boutures de vigne américaine qui a permis son apparition sur le
sol européen. La faible résistance des plants européens a tout naturellement conduit à sa prolifération. Mais par
le greffage d’espèces européennes sur des porte-greffes américains, donc naturellement résistants à ce parasite,
la prolifération fut endiguée. Cependant, dans certaines régions comme ici, à la Chapelle Gonaguet, la vigne
fut petit à petit délaissée. Les dernières vignifications datent de la fin des années 20 (1927 ?). Il y a eu jusqu'à 15
métayers et ouvriers au château, à la fin du XIXème siècle...
M. Monzies dit avoir retrouvé un foudre de 1100 litres, fabriqué à Carcassonne et signé. C'est dire l'importance
de la vigne à l'époque.
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